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Formation professionnelle : pourquoi le budget n'est pas le seul critère

Quand on pense à la formation professionnelle en France, on songe immédiatement au financement et aux coûts associés. Autant le dire, c'est le nerf de la guerre. Mais au-delà des aspects budgétaires, il y a de quoi se poser la question : ne serait-ce pas une vision réductrice ? Claire Pasc...

Quand on pense à la formation professionnelle en France, on songe immédiatement au financement et aux coûts associés. Autant le dire, c'est le nerf de la guerre. Mais au-delà des aspects budgétaires, il y a de quoi se poser la question : ne serait-ce pas une vision réductrice ? Claire Pascal, directrice générale de Comundi, appelle à un changement de paradigme. Elle nous invite à considérer d'autres leviers tout aussi essentiels que le budget.

Formation professionnelle : une question de budget ?

Force est de constater que les initiatives en matière de formation professionnelle sont souvent jugées à l'aune de leur coût. Les entreprises cherchent des solutions à moindre coût, tandis que les politiques publiques se concentrent sur l'optimisation des dépenses. Claire Pascal pointe du doigt cette obsession pour le budget, qui risque de faire oublier d'autres aspects cruciaux. « On ne peut pas réduire la formation professionnelle à une simple question de coût, d'autant plus que son retour sur investissement est souvent invisible sur le court terme. »

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2023, le marché français de la formation professionnelle a atteint 35,4 milliards d'euros, et la répartition des budgets est un véritable casse-tête. Il y a, d'un côté, les dépenses des entreprises, qui représentent 60 % du total, et de l'autre, les subventions publiques, qui couvrent 40 % des investissements. Mais ce qui est troublant, c'est que malgré ces dépenses colossales, les entreprises peinent à trouver des talents qualifiés.

Des compétences toujours plus pointues

Pour Claire Pascal, il est temps de prendre conscience que les compétences recherchées par les entreprises évoluent constamment. Les métiers changent, les technologies avancent, et les besoins en compétences se transforment. Autant le dire, la formation professionnelle doit s'adapter à cette réalité. Autre chose : la formation ne peut se contenter de répondre aux besoins immédiats des entreprises, elle doit aussi anticiper les compétences de demain.

On le sait bien, les entreprises françaises doivent faire face à une pénurie de compétences pointues. Selon une étude de France Travail, 40 % des entreprises ont du mal à embaucher des profils qualifiés, et ce chiffre est en augmentation depuis 2022. Pour Claire Pascal, « il est urgent de repenser la formation pour qu'elle soit plus réactive et plus innovante. Il faut aller au-delà des certifications traditionnelles et des formations standardisées. »

La formation professionnelle, un enjeu de société

Autre aspect crucial : la formation professionnelle n'est pas seulement un enjeu pour les entreprises, mais pour l'ensemble de la société. Claire Pascal rappelle que la formation est un levier essentiel pour réduire le taux de chômage, favoriser l'insertion professionnelle et lutter contre les inégalités. Elle cite l'exemple de la reconversion professionnelle, qui permet à des personnes en difficulté de retrouver une activité professionnelle. « La formation professionnelle est un vecteur d'inclusion sociale, et elle mérite d'être considérée comme telle. »

Les chiffres de France Travail sont édifiants. En 2024, plus de 2 millions de Français ont participé à des programmes de reconversion professionnelle, et 70 % d'entre eux ont trouvé un emploi stable dans les 12 mois suivant leur formation. Autant dire que la formation professionnelle joue un rôle clé dans la dynamique du marché du travail.

Innover pour mieux former

Pour relever ces défis, Claire Pascal appelle à une transformation en profondeur de la formation professionnelle. Elle prône une approche plus globale, basée sur l'innovation, la personnalisation et la digitalisation. Elle insiste sur l'importance de former les formateurs, de développer des contenus pédagogiques de qualité et d'utiliser les nouvelles technologies. « Il faut sortir des sentiers battus et oser l'innovation. Les MOOCs, les serious games, les plateformes de formation en ligne : autant d'outils qui peuvent révolutionner la manière dont on apprend. »

La pandémie a accéléré la digitalisation de la formation. En 2022, 40 % des formations se sont déroulées en ligne, et ce chiffre devrait augmenter encore dans les années à venir. Claire Pascal y voit une opportunité pour rendre la formation plus accessible et plus flexible. « Les entreprises doivent s'emparer de ces outils pour offrir des formations sur mesure, adaptées aux besoins spécifiques de leurs employés. »

Pour Claire Pascal, « il est temps de sortir du piège du seul prisme budgétaire. La formation professionnelle est un investissement, pas une dépense. Et comme tout investissement, il doit être pensé sur le long terme. »

On se demande alors, quelle place accorderons-nous à la formation professionnelle dans les années à venir ? Si elle est pensée avec des objectifs à long terme, au-delà des considérations immédiates, alors elle pourra répondre aux enjeux de demain.

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